product
5706511La Petite Dorrit, Annoté Tome Ihttps://www.gandhi.com.mx/la-petite-dorrit--annote-tome-i-1230002698281/phttps://gandhi.vtexassets.com/arquivos/ids/5255767/image.jpg?v=6385863812175700009494MXNGILBERT TEROLInStock/Ebooks/5424895La Petite Dorrit, Annoté Tome I9494https://www.gandhi.com.mx/la-petite-dorrit--annote-tome-i-1230002698281/phttps://gandhi.vtexassets.com/arquivos/ids/5255767/image.jpg?v=638586381217570000InStockMXN99999DIEbook20181230002698281_W3siaWQiOiJkMGJhMGJlOC05MzZlLTRmNWYtOWM1Yi02YWUyNjkwNzYyOTgiLCJsaXN0UHJpY2UiOjk0LCJkaXNjb3VudCI6MCwic2VsbGluZ1ByaWNlIjo5NCwiaW5jbHVkZXNUYXgiOnRydWUsInByaWNlVHlwZSI6IklwcCIsImN1cnJlbmN5IjoiTVhOIiwiZnJvbSI6IjIwMjQtMDgtMjNUMTc6MDA6MDBaIiwidG8iOiIyMDI0LTA5LTE1VDIzOjU5OjU5WiIsInJlZ2lvbiI6Ik1YIiwiaXNQcmVvcmRlciI6ZmFsc2V9LHsiaWQiOiIxZDY4MTY2NS1lZTBiLTQzOTItOTAwMS02YzkzNjY3NGU1MjciLCJsaXN0UHJpY2UiOjg4LCJkaXNjb3VudCI6MCwic2VsbGluZ1ByaWNlIjo4OCwiaW5jbHVkZXNUYXgiOnRydWUsInByaWNlVHlwZSI6IklwcCIsImN1cnJlbmN5IjoiTVhOIiwiZnJvbSI6IjIwMjQtMDktMTZUMDA6MDA6MDBaIiwicmVnaW9uIjoiTVgiLCJpc1ByZW9yZGVyIjpmYWxzZX1d1230002698281_<p>Il y a une trentaine dannées, Marseille était un jour en train de rissoler au soleil.</p><p>Dans le midi de la France, un soleil flamboyant par un jour caniculaire du mois daot nétait pas alors un phénomne plus rare quil ne la été avant ou depuis, pareille époque. Tout ce qui existait Marseille ou aux environs de Marseille avait été ébloui par le ciel embrasé et lavait ébloui son tour, tant et si bien que cette manie de séblouir réciproquement était devenue universelle. Les voyageurs étaient éblouis par léclat des maisons blanches, des murs blancs, des rues blanches, par léclat des routes arides et des collines dont la verdure avait été brlée. Les vignes étaient la seule chose dont léclat ne ft pas tout fait insupportable. Penchées sous le poids du raisin, elles daignaient parfois cligner de lil, afin de ne pas vous causer un éblouissement continu lorsque la chaude atmosphre agitait presque imperceptiblement leur feuillage languissant.</p><p>Il ny avait pas assez de vent pour former une seule ride soit sur leau fétide du port, soit sur la mer imposante quon apercevait au-del. La ligne de démarcation entre les deux couleurs (bleue et noire) indiquait la limite que locéan immaculé ne voulait pas dépasser ; mais locéan demeurait aussi immobile que labominable marais auquel il ne mlait jamais ses flots. Des canots que ne protégeait aucune tente étaient trop brlants pour quon pt les toucher ; la chaleur faisait des cloches sur la peinture des vaisseaux amarrés dans le port ; depuis des mois entiers, les dalles des quais ne sétaient refroidies ni le jour ni la nuit. Indiens, Russes, Chinois, Espagnols, Portugais, Anglais, Franais, Génois, Napolitains, Vénitiens, Grecs, Turcs, descendants de tous les entrepreneurs de la tour de Babel, que le commerce attirait Marseille, recherchaient également lombre, acceptant nimporte quelle cachette, pourvu quelle leur servt dabri contre léclat dune mer dun bleu trop ardent pour quon pt la regarder, et dun ciel pourpre o étincelait enchsser un vaste joyau de feu.</p><p>Cet éblouissement universel faisait mal aux yeux. Vers la ligne lointaine des ctes dItalie, cet éclat, il est vrai, se trouvait tempéré par de légers nuages de brouillard que formait lentement lévaporation de la mer ; mais il ne sadoucissait nulle part ailleurs. Au loin, les routes embrasées sous une épaisse couche de poussire vous éblouissaient du fond des vallées, du versant des collines, de chaque point de la plaine interminable. Au loin, les vignes poudreuses qui retombaient en guirlandes autour des chaumires qui bordaient les chemins, et les avenues monotones darbres desséchés qui ne donnaient pas dombre, languissaient sous léclat brlant de la terre et du ciel. Il en était de mme des chevaux aux grelots endormants, attelés de longues files de voitures, se tranant lentement vers lintérieur ; il en était de mme pour leurs conducteurs demi couchés, lorsquils se tenaient éveillés, ce qui leur arrivait rarement ; il en était de mme pour les laboureurs épuisés de chaleur qui se tranaient péniblement au milieu des champs. Tout ce qui vivait, tout ce qui poussait, semblait accablé par lardent éclat du jour, excepté le lézard, qui passait en courant le long des murs crevassés, ou la cigale, qui faisait entendre un chant sec et criard comme le son dune crécelle. La poussire elle-mme était tellement rtie quelle en était brune, et on voyait trembloter latmosphre comme si lair aussi était haletant.</p><p>Persiennes, volets, rideaux, stores sont tous baissés ou tirés, afin de tenir distance léblouissante clarté. Laissez-lui seulement une crevasse ou un trou de serrure, et vous la verrez darder travers comme un dard chauffé blanc. Les églises sont les endroits o elle péntre le moins. Si vous sortez du crépuscule formé par les colonnes et les arcades, parsemé, comme dans une scne fantastique, de lampes clignotantes, peuplé aussi, comme un rve, de vilaines ombres de vieillards qui sommeillent, crachent et mendient pieusement, vous vous plongez dans une rivire de feu, et il ne vous reste plus qu sauver vos jours en gagnant la nage lombre la plus voisine. Or, Marseille, avec ses habitants qui flnaient et sallongeaient partout o il y avait de lombre, Marseille, o les langues avaient cessé de bourdonner comme les chiens daboyer, mais que troublaient parfois le tintamarre discordant des cloches déglise et le roulement impitoyable du tambour, Marseille, on le sentait rien qu lodeur du brlé, était donc en train de rissoler au soleil.</p><p> cette époque, il existait dans la ville une prison abominable. Dans une des salles de cette prison, si repoussante que le soleil importun ne la regardait mme pas en face, labandonnant quelque clarté de rebut, quelque lueur réfléchie, ramassée Dieu sait o, se trouvaient deux hommes. Auprs des deux hommes il y avait un banc déchiqueté et défiguré, fixé au mur, et sur lequel on avait grossirement découpé un damier coups de couteau, avec un jeu de dames formé de vieux boutons et dos qui avaient servi faire la soupe ; un jeu de dominos, deux paillassons et deux ou trois bouteilles. Cest l tout ce que renfermait la salle, sauf cependant les rats et dautres vermines invisibles, sauf aussi la vermine visible, cest--dire les deux hommes en question. Le peu de jour quelle recevait lui arrivait travers une grille de fer, représentant une assez grande croisée, qui permettait dinspecter toute heure la prison, sans quitter les marches du sombre escalier sur lequel elle donnait. Il y avait une large saillie cette grille, lendroit o lextrémité inférieure des barreaux était scellée dans la maonnerie, trois ou quatre pieds au-dessus du sol. Sur cette saillie reposait lun de ces deux hommes, moitié assis et moitié couché, les genoux ramassés, les pieds et les épaules plantés contre les parois opposées de la fentre. Il y avait assez despace entre les barreaux pour lui permettre dy passer les bras jusquau coude, et il se retenait négligemment la grille, pour plus de commodité.</p>...1230002698281_GILBERT TEROLlibro_electonico_1230002698281_1230002698281CHARLES DICKENSInglésMéxicohttps://getbook.kobo.com/koboid-prod-public/4a92c46b-840d-42e7-9d3b-11e8d7a8733a-epub-ccbbf0e9-7e6e-400e-b017-cbd8383bd278.epub2018-10-18T00:00:00+00:00GILBERT TEROL